Van der Goes
Jan Augustyn
Nature morte aux noisettes et au pain
Gouache sur vélin. Signé Ag. van der Goes F
70 x 100 mm (2 3/4 in x 3 15/16 in.)
On ne sait que peu de choses sur ce miniaturiste de la fin du XVIIe siècle, si ce n’est qu’il appartient à une famille d’artistes, du moins du côté maternel. Il est le fils de Jan-Paulo van der Goes (? – 1696), dont on ne connaît pas l’activité, et de Maria Magdalena de Coninck (? – 1673), elle-même la fille d’Andries de Coninck. Ce dernier, un artiste d’Anvers et peintre de pronkstilllevens, somptueuses natures mortes dans le goût de Jan Davidszoon de Heem, arrêta de peindre au profit de l’activité de marchand de tableaux. Le frère de sa femme, Andries Benedetti, était également peintre de natures mortes. Son fils Gregorius de Coninck mena également une carrière de peintre. Jan Augustin, son petit-fils, apparaît dans les comptes et les registres de la Guilde de Saint-Luc d’Anvers de 1694 à 1698, comme maître, donnant des leçons d’enluminure à quelques élèves.1.
Jan Augustin van der Goes n’est aujourd’hui connu que par des miniatures d’insectes, comme celles que conservent le Rijksmuseum d’Amsterdam et la Fondation Custodia à Paris. Le Rijksmuseum conserve huit miniatures d’insectes : un scarabée (Inv. RP-T-1884-A-330E), une lucane bleue (Inv. RP-T-1884-A-330H), une mite (Inv. RP-T-1884-A-330B), une sauterelle (Inv. RP-T-1884-A-330A), une crevette (Inv. RP-T-1884-A-330D), une araignée (Inv. RP-T-1884-A-330F), un crabe (Inv. RP-T-1884-A-330G) et une chenille avec quelques insectes — cloporte, coccinelle, etc. (Inv. RP-T-1884-A-330C) — tous achetés en 1884. La Fondation Custodia en conserve quatre : deux papillons, peut-être Catocala Nymphagoga (Inv. 2020 T.54) et Deilephila porcellus (Inv. 2020 T.55), un pagure, communément appelé bernard-l’hermite (Inv. 2020 T.56), et une composition avec trois insectes dont un scarabée cétoine, une coccinelle et ce qui ressemble à une chenille mais pourrait en réalité être un anthrène (Inv. 2020 T.53) — l’artiste a pu vouloir assembler trois insectes de l’ordre des coléoptères sur la même composition.
Ici, Jan Augustin van der Goes utilise un fond noir mais il a disposé le morceau de pain et les noisettes, dont le rendu est d’une finesse extraordinaire, sur un support bleu-gris. Comme sur la crevette, le crabe et la mite du Rijksmuseum, il utilise parfois de très fins traits de plume et d’encre brune pour exécuter les parties les plus sombres des ombres. L’exécution est virtuose et, si van der Goes n’est aujourd’hui plus connu que pour ses représentations d’insectes et de crustacés, l’étude des ventes aux enchères de la fin du XVIIIe siècle montre qu’il était cependant connu et apprécié pour la finesse de ses miniatures de natures mortes, comme par exemple, parmi beaucoup d’autres, les « deux très jolies miniatures [dont] la première représente une table couverte sur laquelle on voit un jambon, des pieds de mouton, un hareng, du beurre etc. [et] l’autre offre des pêches, des citrons, des oranges, des raisins, des prunes, des écrevisses et des crevettes, le tout posé sur une table couverte d’un tapis »2 ou « une très belle miniature représentant trois beurrés de pain de seigle, deux morceaux de morue et un morceau de hareng3. ». Témoignage unique de ce pan de son activité de miniaturiste, cette Nature morte aux noisettes et au pain constitue donc un ajout crucial au corpus de cet artiste très talentueux.
- P. Rombouts et T. Van Lerius, De Liggeren en andere historische archieven der Antwerpsche Sint Lucasgilde onder de zinspreuk: Wt ionsten versaemt (2 vols.), Anvers, La Haye, Martinus Nijhoff (1864-1876), volume 2, 573, 576, 598 et 607.
- Vente de Pester à Anvers du 20 août 1800 (n° 105 et 106).
- Vente van Schorel d’Anvers le 7 juin 1774 (lot 66). Il y avait neuf dessins dans ce lot, toutes des natures mortes de tables sauf deux, l’une représentant des œufs d’oiseaux, l’autre des scarabées.

