Paul Leroy

Leroy

Paul

Paris 1860 – Paris 1942
Paul Leroy

Profil d’homme devant l’île de San Giorgio Maggiore, Venise

Huile sur toile marouflée sur panneau.
Cachet d’atelier Paul Leroy en bas à droite.
29,7 x 31,7 cm (11 11/16 x 12 1/2 in.)

Provenance

Collection privée.

Formé à la peinture à l’École des Beaux-Arts d’Odessa (alors dans l’empire russe), où sa famille s’installe pendant son enfance, Paul Leroy est admis à l’École des Beaux-Arts de Paris en 1877 dans l’atelier du peintre Alexandre Cabanel. Il expose au Salon des artistes français de 1881 à 1939. Dès 1882, il obtient le premier prix et une bourse, ce qui lui permet de parcourir l’Italie, dont Venise, comme en témoignent une Vue du canal de Venise conservée au musée de l’Oise à Beauvais, ainsi qu’un Intérieur de la Basilique Saint-Marc de Venise, au musée Henri Boëz de Maubeuge, deux œuvres signées et datées de cette même année. Le portrait que nous présentons ici date probablement la même époque puisque le profil de l’homme se détache devant le campanile et la coupole de la basilique San Giorgio Maggiore. En 1884, de retour à Paris après son voyage de formation, le jeune artiste obtient le second prix de Rome avec Le Serment de Brutus (localisation inconnue).

Paul Leroy se lance dans une série de voyages en Égypte, en Tunisie, en Perse, en Turquie, et séjourne plusieurs fois en Algérie. Passionné par les cultures nord-africaines, il apprend l’arabe et en maîtrise de nombreux écrits, et collectionne les objets arabes et berbères. Il se tourne vers les sujets orientalistes, dans un style académique qui intègre cependant quelques méthodes de l’Impressionnisme pour le traitement de la lumière.

Il fonde en 1893 la Société des peintres orientalistes française, avec Maurice Bompard, Étienne Dunet et Léonce Bénédite, dont la première exposition, qu’il dirige, a lieu en 1893 au Palais de l’Industrie. Il y participera jusqu’en 1933. À l’Exposition Universelle de 1900, il reçoit la médaille d’argent (Gabriel Biessy, au numéro 19 de ce catalogue sera quant à lui médaillé de bronze). Appelé à Bordeaux pour faire les portraits de la famille Froment en 1909, Paul Leroy découvre le bassin d’Arcachon dont la lumière lui rappelle Venise et il y séjourne longuement et plusieurs fois, seul ou en famille, entre 1909 et 1919.

Ce portrait, comme son Autoportrait (Quimper, musée des Beaux-Arts, 1883) ou celui d’un jeune Arabe (Fig.1), tous peints au début des années 1880, montrent sa grande maîtrise du dessin et des coloris francs, des qualités qu’il a acquises par l’observation des maîtres de la Renaissance italienne puis nourries par sa pratique personnelle de la peinture et son propre ressenti de la lumière.