Frédéric
Léon
Petite Ardennaise au chapeau de paille
Signé, dédicacé et daté Léon Frédéric à Henri et Anne Dabsalmont, bien affectueusement, 21 février 1902 en bas à droite.
53,3 x 38,7 cm (21 x 15 1/4 in.)
Provenance
Bibliographie
Élève du décorateur Charles Albert puis de Jean-François Portaels, Léon Frédéric échoue au prix de Rome mais se rend en Italie en 1878 pour un séjour d’un an avec le soutien financier de son père. En 1882, il découvre l’œuvre de Jules Bastien- Lepage au Salon de Bruxelles ; il sera durablement marqué par le réalisme poétique du peintre ainsi qu’en témoigne son triptyque de la Légende de Saint François (Lille, Palais des Beaux-Arts). Très inspiré par la peinture primitive et par la Renaissance, l’artiste réalise dans sa carrière une soixantaine de polyptyques, un format qu’il renouvelle plutôt qu’il ne l’imite, en lui imposant des sujets contemporains et des points de vue innovants, comme l’illustre par exemple Les Âges de l’ouvrier, au musée d’Orsay.
Débutant sur la scène artistique avec le groupe L’Essor, il est salué en 1883 par la critique pour Les marchands de craie (Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts), œuvre qui montre l’influence des maîtres primitifs flamands associée à un regard moderne sur la pauvreté. Dans les années 1890, il connaît un grand succès en Belgique, devenant l’un des peintres les plus appréciés avec Constantin Meunier et Eugène Laermans. Le grand tableau en dépôt au Metropolitan Museum de New York, Les trois sœurs(Fig.1) est typique des œuvres de cette décennie qui traitent avec dignité et un grand sens esthétique les activités et les figures les plus humbles. Des œuvres comme L’Intérieur d’atelier (1882, musée d’Ixelles) ou Fragrance (1894, collection particulière) le font considérer comme l’un des maîtres du symbolisme belge. D’autres, comme Le Ruisseau (Bruxelles, Musées royaux des Beaux- Arts) ou Abondance (Dallas, Museum of Art) anticipent le Surréalisme, et font preuve d’une recherche esthétique originale : un réalisme poussé associé à des effets luministes presque hallucinatoires. En 1929, il reçoit comme son compatriote James Ensor le titre de baron.
Ses œuvres sont majoritairement conservées en Belgique, bien que le musée d’Orsay à Paris et le Museum of Art de Dallas en conserve chacun une. Les trois sœurs sont en dépôt au Metropolitan Museum de New York. Ce portrait de petite fille au chapeau de paille, certainement peint pour des amis comme en témoigne la dédicace, possède la force des meilleures œuvres de l’artiste. Malgré la pose sage de l’enfant, son regard est direct et scrutateur et sa moue étrange ; le paysage de l’arrière-plan semble légèrement déformé, comme vu au moyen d’un appareil d’optique ou dans un miroir convexe, ce qui donne à l’image une grande force onirique. La précision du dessin associée à la fluidité de la touche participent à la sensation d’étrangeté de l’image.

