Karel Skreta "Karel Skreta"<br />
La Sainte Famille et le petit saint Jean-Baptiste<br />
The Holy Family with the Infant Saint John the Baptist<br />
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Skreta

Karel

Prague 1610 – Prague 1674

Karel Skreta "Karel Skreta"<br />
La Sainte Famille et le petit saint Jean-Baptiste<br />
The Holy Family with the Infant Saint John the Baptist

La Sainte Famille et le petit saint Jean-Baptiste

Plume et encre brune, lavis brun, rehauts de blanc sur traces de pierre noire, sur papier chamois. Contrecollé sur son montage ancien.
Non encadré.
189 x 154 mm

Probablement formé à Prague avec Aegidius Sadeler, Karel Škréta voyagea en Italie puis en Saxe avant de regagner son pays d’origine où il connut une fructueuse carrière. Souvent considéré comme le père de la peinture baroque en Bohême, Škréta fut un artiste multiforme qui puisa son inspiration à plusieurs sources, travaillant d’abord dans un style maniériste tardif proche de Hans Rottenhammer, Lucas Kilian et Hans von Achen, puis absorbant de nouvelles influences, notamment durant son voyage en Italie, durant lequel il copia abondamment les maîtres italiens pour ses mécènes pragois.

L’artiste fut aussi familier des peintres bolonais comme le montrent certaines de ses œuvres peintes mais aussi dessinées : ainsi Sainte Thérèse et saint Jean de la croix face aux peintures de la Nativité sur la Montagne blanche (Prague, Galerie Nationale, Inv K 1989), un projet destiné à être gravé par Melchior Küsel dont Pavel Preiss a remarqué le « style un peu moins vif et l’exécution méticuleuse » et le « corps des anges traités d’une façon classicisante ». Le style graphique de Škréta peut aussi parfois rappeler celui de Giovanni Baglione comme l’illustre Sainte Catherine d’Alexandrie en discussion avec les philosophes païens (Prague, Galerie Nationale, Inv. K 356). L’influence bolonaise prédomine dans notre dessin dont la composition stable est équilibrée par la colonne qui se dresse verticalement derrière l’arbre penché. La coiffe de la Vierge rappelle celle des figures de sainte Cécile ou des sibylles que l’on trouve chez Guido Reni ou Domenichino, par exemple.

La scène, pleine de douceur, présente au premier plan la Vierge et l’Enfant, potelé, qui tête avec application. Le petit saint Jean-Baptiste, dont la croix et le phylactère ont été déposés au sol, joue avec les branches de l’arbre tandis que saint Joseph se penche, plein d’attention, vers la Vierge et l’Enfant. Les cerises qu’il tient à la main préfigurent, par leur couleur, le sang du Christ qui sera versé sur la croix. L’artiste a accentué le regard lointain et mélancolique de la Vierge, qui se fige, dans l’anticipation des souffrances futures.