Amable-Louis-Claude Pagnest "Amable-Louis-Claude Pagnest" Étude préparatoire pour le portrait du comte de Pradel Preparatory Study for the Portrait of the Comte de Pradel
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Pagnest

Amable-Louis-Claude

Paris 1790 – Paris 1819

Amable-Louis-Claude Pagnest "Amable-Louis-Claude Pagnest" Étude préparatoire pour le portrait du comte de Pradel Preparatory Study for the Portrait of the Comte de Pradel

Étude préparatoire pour le portrait du comte de Pradel

Graphite, lavis gris, rehauts de blanc sur calque contrecollé sur un ancien montage.
Encadré.
132 x 115 mm

Provenance

Possiblement Charles Leblanc (1817-1865).

Élève d’Anne-Louis Girodet puis de Jacques-Louis David, Amable-Louis-Claude Pagnest ne laissa qu’un nombre restreint de tableaux du fait de sa mort précoce, à 28 ans, mais aussi du caractère insatisfait et obsessionnel pour lequel il était célèbre. David aurait déclaré : « Pagnest ne fera jamais qu’un tableau mais ce sera un chef d’œuvre ». Les quelques œuvres qui nous sont parvenues témoignent en effet du perfectionnisme extrême qui le poussait à préparer chacun de ses travaux par de très nombreux dessins.

Ainsi le portrait de monsieur de Nanteuil Lanorville (Musée du Louvre, Inv. 7077), administrateur des messageries royales, dont le musée de Dijon conserve une esquisse, coûta au modèle plus de soixante heures de pose en plusieurs semaines : le résultat, spectaculaire, fut largement admiré au Salon de 1817. Les différentes études préparatoires conservées au Louvre montrent que l’artiste chercha longuement la posture idéale, passant du portrait en pied au portrait en buste, du portrait debout au portrait assis. Ernest Cheneau décrit la nervosité de l’artiste, sa nécessité de tout reprendre depuis le début à chaque mouvement imprévu du modèle, même le plus léger.

Jules Jean-Baptiste François de Chardeboeuf, plus connu sous son titre de comte de Pradel voulut à son tour un portrait de la main de Pagnest, qui envisagea d’abord un portrait en pied. Il ne pouvait obtenir de son modèle, qui était alors premier chambellan, maître de la Garde-Robe et directeur général de la maison du Roi, la même disponibilité que celle de M. Lanorville. Il obtint tout de même quelques heures de pose et exécuta plusieurs études : le Louvre n’en conserve que deux, proches de la nôtre (RF 1402 et RF 1401), donnés en 1882 par Ernest Chesneau qui témoigne cependant en avoir vu plusieurs chez le marchand et historien de l’art Charles Leblanc, passées par la suite en ventes publiques. Les études du Louvre sont très proches de la nôtre par la position du modèle, bien que moins détaillées et d’une technique graphique plus simple. Le portrait ne fut pas terminé, interrompu par la mort de Pagnest.

  1. Ernest Cheneau, L’Art, 1882.