Manguin
Henri
Paris 1874 – Saint-Tropez 1949
Vue de la plage de l’Oustalet, Saint-Tropez
Aquarelle sur papier.
Signé en bas à droite Manguin.
Encadré.
292 x 364 mm
Joyeuse, pleine de lumière marine, cette aquarelle représente l’un des endroits favoris d’Henri Manguin, la plage de sa villa de l’Oustalet, à Saint-Tropez. C’est en septembre 1904 que Manguin avait découvert la presqu’île alors encore sauvage, sur l’invitation de Paul Signac. L’ évolution de sa peinture vers ce qui allait devenir le fauvisme, mouvement mené sans formalité par Matisse, était alors déjà largement amorcée. En témoigne La petite Italienne (collection particulière) peinte en 1903 dans l’atelier de la rue Boursault où il travaille alors aux théories de la couleur avec Matisse et Marquet. La lumière incomparable de la Côte d’Azur accélèrera cette évolution.
C’est l’été de l’année 1905 qui marquera un tournant décisif : de retour à Saint-Tropez, il loue la villa Demière avec Camoin et Marquet. Les paysages tropéziens et sa femme Jeanne deviennent ses sujets de prédilection cet été-là et les deux se mêlent et s’entremêlent avec douceur et joie de vivre, tout en illustrant la volonté de l’artiste d’épouser les théories coloristes fauves. Manguin peint inlassablement Jeanne, nue ou habillée, au jardin ou sur le balcon, sur le lit ou devant la mer.
Ainsi nait La Sieste, exposée avec quatre autres dans la salle VII du salon d’Automne, aux côtés d’œuvres de Matisse, Derain, Vlaminck et Chagall, et que décrira Louis de Vauxcelles avec enthousiasme dans le quotidien Gil Blas. C’est dans ce même article que ce dernier baptisera ce mouvement naissant, avec sa célèbre formule à propos des sculptures d’Albert Marque : « La candeur de ces bustes surprend au milieu de l’orgie de tons purs : Donatello chez les fauves… »
En 1919, Manguin achète la villa de l’Oustalet où il passera presque tous ses étés jusqu’à sa mort en 1949 et qu’il peindra dans plusieurs dizaines de tableaux et de dessins. La plage en contrebas lui offre de nombreuses possibilités picturales et le rocher dit de la Proue est en effet reconnaissable au premier plan à droite. On le retrouve dans de nombreuses œuvres de Manguin, telles que Jeanne sur la plage de l’Oustalet (1922, collection privée, France), Le rocher de « la proue » à l’Oustalet (localisation actuelle inconnue), et Deux figures sur la plage à Oustalet (Strasbourg, Musée d’art moderne et contemporain).

