Étienne Jeaurat<br />
"Étienne Jeaurat"<br />
Étude d’une femme à son métier à tisser<br />
Study of a Woman Weaving
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Jeaurat

Etienne

Vermonton 1699 – Versailles 1789

Étienne Jeaurat "Étienne Jeaurat" Étude d’une femme à son métier à tisser Study of a Woman Weaving

Étude d’une femme à son métier à tisser

Pierre noire, sanguine, craie blanche. Inscriptions de calculs au verso.
Encadré.
216 x 163 mm

Ce joli dessin d’Étienne Jeaurat se rapporte à une figure dans une composition conservée à la National Gallery d’Édimbourg, Scène de la vie familiale, dessinée de façon très soignée et présentant une scène de la vie quotidienne dans un intérieur bourgeois (Fig. 1). Le groupe des femmes auquel se rapporte notre étude constitue à lui seul un sujet particulier, emprunté à Watteau (gravé par Charles Dupuis) : l’occupation selon l’âge.

Le style graphique de l’artiste est assez varié. Jeaurat multiplie avec aisance les études de figures, personnages de la rue ou des appartements bourgeois qui peuplent ses peintures. Il aime utiliser la pierre noire sur papier bleu gris pour les études de figures et la pierre noire rehaussée de blanc sur papier beige pour des scènes de composition plus élaborées, mais il ne refuse pas d’utiliser parfois d’autres techniques, notamment la sanguine notamment pour les études anatomiques. L’usage des trois crayons est moins commun chez lui mais il existe plusieurs exemples, dont une Femme assise tenant une écuelle autrefois dans la collection de Philippe de Chennevières.

Notre étude, inédite, probablement croquée sur le vif, est un ajout charmant au corpus de ses dessins. Sa liberté est assez inhabituelle pour l’artiste dont les études de personnages pour des compositions peintes sont souvent plus appliquées mais on peut sans difficulté comparer sa graphie à celle que l’artiste utilise dans le fonds de la composition d’Édimbourg : le portrait de femme accroché au mur de cet intérieur est dessiné avec la même liberté.

Reçu en 1733 à l’Académie avec Pyrame et Thisbé, Étienne Jeaurat mène une véritable carrière académique puisqu’il devient professeur en 1743, recteur en 1765, garde des Tableaux du roi en 1767, chancelier en 1781. Mais c’est dans la scène de genre plus que dans la peinture d’histoire qu’il va s’épanouir. Fils d’un couple de marchands de vin, Jeaurat sait dépeindre avec justesse et spontanéité la vie domestique et intime de la bourgeoisie parisienne du milieu du XVIIIe siècle.