Degas Edgar "Degas Edgar" Portrait d'une jeune italienne Portrait of an Italian girl
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Degas

Edgar

Paris 1834 – Paris 1917

Degas Edgar "Degas Edgar" Portrait d'une jeune italienne Portrait of an Italian girl

Portrait d’une jeune italienne

Sanguine sur papier.
245 × 175 mm (9 ⁵/8 × 6 ⁷/8 in.)

Provenance

Vraisemblablement donné à la famille Valpinçon par l’artiste ; collection privée.

Œuvres en rapport

  • Edgar Degas, Décharge de dessin, sanguine sur papier, revers de folio d’album, 253 x 178 mm, dépôt du musée d’Orsay au musée du Louvre(inv. RF 5634,31).
  • Edgar Degas, Portrait de jeune romaine, pierre noire et fusain sur papier, 388 x 267 mm, Baltimore Museum of Art, collection Cone, (inv. BMA 1950.12.457).

Notre feuille est issue d’un album de jeunesse de Degas, utilisé lors de ses voyages en Italie de 1856 à 1857 et actuellement conservé au musée du Louvre (inv. no. RF 5634). L’origine de notre dessin est attestée par la décharge de sanguine qu’il a laissée au revers du folio 19 (inv. no. RF 5634,31), sur lequel notre figure est clairement identifiable, dans le sens inverses, ainsi que par les traces laissées par l’inscription et l’étude de mains indépendante. L’absence du dessin à l’origine de cette décharge a été notée non seulement dans la notice du folio en question, mais aussi par Theodore Reff dans son catalogue des carnets de Degas, référencé sous le folio 19v : ‘faintly imprinted with the form of a red chalk drawing of a seated woman facing three-quarters to the right, page vertical, that must have been on the facing page (now removed)’1. La comparaison physique de notre dessin avec le carnet a bien confirmé cette hypothèse, démontrant que les vergeüres et les dimensions de la feuille de notre dessin sont les mêmes que les feuilles du carnet.

Ce dernier est utilisé par Degas à Naples et à Rome à partir de juillet 1856 jusqu’à la fin de cette même année2. Cette proposition est fondée sur les quelques inscriptions que l’on retrouve dans le carnet, notamment ‘Naples, 18 juillet’ (inv. no. RF 5634, 1), ’Capodimente, 10 7bre’ (inv. no. RF 5634, 30). Ces deux inscriptions concordent avec les informations données par le Giornale del Regno delle Due Sicilie, le registre des arrivées et départs du port du Naples, qui nous indiquent que Degas arrive à Naples de Marseille le 17 juillet 1856 et part pour Cività Vecchia (le port principal de Rome) le 7 octobre 18563.  Ce même registre nous dit que Degas revient de Rome le 1er août 1857, situant ainsi le séjour romain de Degas de l’hiver de 1856 à l’été de 18574  Ceci correspond avec la date et localisation de notre dessin car Alvito est un petit village aux alentours de Rome. L’utilisation à Rome de notre carnet est confirmée par le revers du folio 1 de l’album (inv. no. RF 5634, 2), où l’on retrouve une copie d’une fresque romaine du Dominiquin (à l’Oratorio di Sant’Andrea presso san Gregorio al Celio) ainsi que des notes concernant des sculptures et des tableaux au Musée des Statues au Capitole et à la galerie Doria-Pamphilij.

Nous retrouvons dans plusieurs pages de ce carnet l’attention ethnologique que porte Degas aux personnages et à leurs habits, si manifeste dans notre feuille. Le désir du peintre de répertorier les coutumes vestimentaires italiennes avec précision est évident, par exemple dans le folio 7 de l’album, dont les descriptions annotées sont particulièrement proches par leur contenu, leur graphie et leur agencement général de celles de notre feuille.

Degas a croqué de nombreuses italiennes pendant ses premiers séjours italiens dans la deuxième moitié des années 50. Certains exemples sont particulièrement pertinents à l’égard de notre dessin, tel que le dessin de la paysanne romaine du folio 33 du même carnet que notre dessin, où l’on retrouve des similarités dans la pose monumentale et le trait légèrement gras (bien que dans un medium différent). Un autre comparatif particulièrement notable est le portrait à la pierre noire actuellement conservé au Baltimore Museum of Art (inv. BMA 1950.12.457) où nous retrouvons notre modèle portant la même coiffe.

Un autre élément clé à l’attribution de notre dessin à Edgar Degas est sa provenance. Notre dessin a été retrouvé parmi un lot de photos de la famille Valpinçon dans leur château du Ménil-Hubert, parfois accompagné d’Edgar Degas. Degas entretint de très fort lien avec la famille Valpinçon, liens qui remontent à ses années de lycées, où il se noua d’amitié avec Paul Valpinçon (1834-1894), qu’il peignit de profil en 1862 (Minneapolis Institute of Art, inv. no. 74.28). Au revers du montage de notre dessin était collée une feuille sur laquelle on voit la photo d’un jeune homme, annotée Louis Valpinçon, ainsi que quelques clichés du Ménil-Hubert. Au-delà des liens bien connus entre Degas et le Ménil-Hubert (il existe de nombreux clichés de ce dernier devant le château ou dans le parc), le même lot de photos dans lequel a été retrouvé notre dessin contenait aussi des photos de Louis Valpinçon, probablement le petit frère de Paul, sur les genoux du peintre, ainsi que des photos de Paul avec sa femme Marguerite et leur fille Hortense, elle aussi peinte par Degas5

Ce dessin est vendu avec le certificat établi par Brame & Lorenceau.

Philippe d’Orléans

  1. Base Joconde, référence de la notice : 50350215633, dernière mise à jour 2022-07-27, consultée le 2025-11-18 ; T. Reff, The Notebooks of Edgar Degas, A catalogue of the thirty-eight notebooks in the bibliothèque nationale and other collections, Oxford, 1976, p.55.

  2. Ibid, p.53.

  3. T. Reff, ‘New Light on Degas’s Copies’, Burlington, juin 1964, vol. 106, n° 735, p. 250-251.

  4. Ibid.

  5. Site Geneanet, accédé le 2025-11-18 : https://gw.geneanet.org/chatauseb?n=pinson+de+valpincon&oc=&p=paul&type=fiche