Agostino Ciampelli "Agostino Ciampelli" Groupe d'hommes portant une torche et une échelle A group of men holding a torch and a ladder
Home 5 Œuvres 5 Dessins 5 Ciampelli Agostino – Groupe d’hommes portant une une torche et une échelle

Ciampelli

Agostino

Florence 1565 – Rome 1630

Agostino Ciampelli "Agostino Ciampelli" Groupe d'hommes portant une torche et une échelle A group of men holding a torch and a ladder

Groupe d’hommes portant une torche et une échelle

Plume et encre brune, lavis brun, esquisse à la pierre noire.
320 × 220 mm (12 5/8 x 8 5/8 in.)

Provenance

Formé a Florence dans l’atelier de Santi di Tito, Agostino Ciampelli apprend tres tôt a construire ses compositions a partir de dessins d’apres nature, un exercice qu’il ne cessera jamais de pratiquer. En 1585, il entre a l’Accademia del Disegno et participe bientôt aux grands chantiers décoratifs de la ville : la Tribune des Offices sous la direction de Jacopo Ligozzi, des dessins pour des tables en pietra dura (1588) et surtout les fastueux décors éphémeres du mariage de Christine de Lorraine et du grand-duc Ferdinand de Médicis (1589). Ciampelli laisse peu d’oeuvres a Florence, mais elles comptent parmi les exemples les plus représentatifs de son premier style : la Nativité de la Vierge (1593, San Michelino Visdomini) ou les peintures du palais Corsi, commandées par l’archeveque Alessandro de’ Medici, son futur protecteur. On retrouve a Pescia plusieurs oeuvres de jeunesse, comme L’Appel de saint André (sacristie du Duomo) et La Visitation (église SS. Stefano e Nicolao), ou transparaît la leçon de Santi di Tito enrichie de nuances vénitiennes issues de Passignano.

En 1594, Ciampelli quitte Florence pour suivre a Rome le cardinal Alessandro de’ Medici, futur pape Léon XI. Installé dans son palais de la Trinita dei Monti, il participe aux décors de Santa Prassede, puis travaille pour Saint-Jean-de-Latran, Santa Maria in Trastevere, San Vitale, le Gésu et Santa Maria del Pianto. Son style clair, direct et narratif s’accorde parfaitement aux idéaux du Concile de Trente, qui prône une peinture lisible et édifiante. Apres la mort précoce de Léon XI en 1605, Ciampelli reprend contact avec sa ville natale et rejoint l’Arciconfraternita di San Giovanni dei Fiorentini, pour l’église de laquelle il réalise plusieurs grandes compositions religieuses entre 1612 et 1614. Ses oeuvres de maturité, comme Le Baptême du Christ (Galleria Corsini) ou Les Funérailles de Michel-Ange (Casa Buonarroti, 1617), annoncent une maniere plus classique, proche de celle de Lodovico Cigoli.

Consacré prince de l’Accademia di San Luca en 1623-1624, il atteint a nouveau un sommet sous le pontificat d’Urbain VIII, avec notamment les fresques de Santa Bibiana (1624-1626) et plusieurs travaux pour le Vatican. Nommé Soprastante della Fabbrica di San Pietro aux côtés de Bernini en 1629, il meurt a Rome quelques mois plus tard.

Ce dessin, a la composition particulierement dynamique, correspond a une étude préparatoire pour l’une des compositions peintes sur les décors éphémeres conçus par Bernardo Buontalenti en l’honneur du mariage de Ferdinand de Médicis avec Christine de Lorraine1. Il s’agit du Duc de Guise prenant Calais, peint par Ciampelli sur l’arc de triomphe dressé au Canto dei Carnesecchi. L’épisode célébrait la prise victorieuse de Calais en 1558 par l’aieul de Christine, François, duc de Guise, exaltant la vaillance de la maison de Lorraine alliée a la puissance des Médicis. Une étude a la pierre noire pour la figure de l’homme tenant l’échelle a été vendue a Londres en 2016.

Dessinateur actif, Ciampelli a laissé de nombreuses feuilles conservées au musée des Offices a Florence, au musée du Louvre a Paris, au Gabinetto Nazionale delle Stampe de Rome et dans plusieurs autres grands musées. Un ensemble important et peu connu se trouve en République tcheque, au Muzeum umění Olomouc. « Dessinateur sensible et inventif, dont les dessins sont généralement caractérisés par une facture picturale et colorée2 », selon Catherine Goguel, Ciampelli était aussi un artiste méthodique : Baglione rapporte qu’il tenait un « libretto ove in piccolo havea, con acquarello, colorite tutte le opere, che in sua vita havea dipinte3 », aujourd’hui perdu.

  1. Raffaello Gualterotti, Descrizione del regale apparato per le Nozze della Serenissima Madama Cristina di Loreno, moglie del Serenissimo don Ferdinando Medici, III gran duca di Toscana, Florence, 1589, p. 97-99.
  2. L’oeil du connaisseur. Hommage à Philip Poucey. Dessins italiens du Louvre, Paris, RMN, 1992, p. 131, n° 90.
  3. Giovanni Baglione, Le Vite de’ Pittori, Scultori et Architetti… (Roma, Andrea Fei, 1642), Giornata quinta, « Vita di Agostino Ciampelli », p. 349.