Nosadella Etude pour Saint Petrone de Bologne Study for Saint Petronius of Bologna
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Bezzi dit Il Nosadella

Giovanni Francesco

Actif à Bologne entre 1548 et 1571

Nosadella Etude pour Saint Petrone de Bologne Study for Saint Petronius of Bologna

Etude pour Saint Pétrone de Bologne

Sanguine, plume et encre brune, lavis brun.
341 x 210 mm (13 ⁷/16 x 8 1/4 in.)

Provenance

John Withcomb Bailey, Londres (ses initiales au verso, Lugt 1412); C. R. Rudolf, Londres (Lugt 2811b en bas à droite); Gonnelli, Florence, 14 juin 2012, lot 171; Jean-Luc Baroni Ltd, Londres, 2011; collection privée.

Giovanni Francesco Bezzi, dont le surnom « Nosadella » vient du nom de sa rue, appartient à la seconde génération maniériste bolonaise. On le trouve cité dans les sources habituelles de l’histoire de la peinture à Bologne, notamment Malvasia, qui nous apprend que Nosadella est à Bologne l’élève de Pellegrino Tibaldi (1527-1596), dont il assimile très tôt la monumentalité figurative et l’intensité narrative. Son activité est documentée dès 1549, puisqu’il est alors inscrit aux Quattro arti, également appelée la Compagnia dei pittori. Ses premières oeuvres attestées par une source sont toutefois les fresques exécutées en 1558 pour le Palazzo Bolognetti (aujourd’hui perdues). C’est d’ailleurs cette activité de fresquiste pour des décors de palais que Nosadella semble avoir largement développée, ce qui explique que son oeuvre ait en grande partie disparu. Un seul exemple de cette production demeure dans le Palais Poggi, à Bologne, où il a peint l’histoire de Suzanne en collaboration avec Tibaldi. Plusieurs indices indirects laissent supposer au moins un passage à Rome, qui a probablement contribué à consolider sa technique et à élargir ses références narratives et stylistiques.

Le corpus conservé est donc restreint, ce qui augmente aujourd’hui considérablement la valeur documentaire de chaque oeuvre. Certaines pièces ont disparu, d’autres sont discutées quant à leur attribution, notamment en raison de la proximité stylistique avec Tibaldi, mais aussi avec Prospero Fontana (1512-1597), qui acheva en 1571 une des oeuvres de jeunesse de Bezzi, la Circoncision de Santa Maria Maggiore. Parmi ses oeuvres les plus significatives figurent la Sainte Famille avec saint Jean-Baptiste (Indianapolis Museum of Art, vers 1550-1560), la Présentation au Temple (Allen Memorial Art Museum, Oberlin, vers 1567), une Annonciation au Princeton University Art Museum et une Sainte Famille avec les saintes Anne, Marie-Madeleine et Catherine au Getty Museum. Ces pièces permettent de situer Bezzi comme un acteur discret mais essentiel de la peinture bolonaise au XVIe siècle, avant les innovations de la fin du Cinquecento autour des Carracci.

Le langage pictural de Bezzi repose sur une emphase plastique personnelle qui, à l’exemple de Tibaldi, revisite le goût de Michel- Ange pour l’expressivité des corps et de la ligne, la tension musculaire ainsi que l’expression dramatique et monumentale. Bezzi utilise cependant des variations plus audacieuses que celles de son maître et cultive un goût pour des compositions resserrées cherchant densité et singularité. Malvasia jugeait d’ailleurs ses oeuvres connues « distinguées par leur beau coloris, comme celles de son maître, et par leur érudition. Et si elles ne sont pas aussi parfaites et étudiées, elles sont peut-être plus puissantes, singulières et résolues. »

Pétrone, originaire de Bologne où il mourut en 451, revint dans sa ville natale après quelques temps passés dans les déserts d’Égypte. La trouvant pillée et détruite par les armées d’Alaric, il consacra sa fortune personnelle à la reconstruire, ce qui fit naturellement de lui l’un des saints protecteurs de Bologne. Cette étude prépare donc la figure de saint Pétrone pour un retable ou un tableau de dévotion qui n’a pas été retrouvé, mais dont la composition est connue par un dessin en rapport qui est passé en vente à New York en 2019. Provenant de la collection Sir Joshua Reynolds, cette feuille montre les saints André, Matthieu l’Évangéliste et Pétrone sous la Vierge et l’Enfant en compagnie du petit saint Jean-Baptiste. Dans les deux feuilles, le saint assis tient la ville sur ses genoux tout en tournant son regard vers le groupe de la Vierge et l’Enfant.