Benvenuti
Benvenuto
Livourne 1881 – Livourne 1959
Le soleil se leva sur Verna, où saint François reçut les stigmates
Gouache sur carton. Signé et daté Benvenuto Benvenuti en bas à gauche; Inscrit au verso Benvenuto Benvenuti il sole sorgo alla verna ove s. francesco ebbe le stimate
348 x 295 mm (13 11/16 x 11 5/8 in.)
Formé par Lorenzo Cecchi à la Scuola delle arti e dei mestieri de Livourne, Benvenuti commence à exposer très tôt, à peine âgé de quinze ans. Il est d’abord influencé par les Macchiaioli, notamment par son ami proche, le paysagiste Adolfo Tommasi, puis assimile les apports de Llewelyn Lloyd, Giovanni Fattori et Telemaco Signorini. Progressivement, le jeune artiste se met toutefois à expérimenter de nouvelles voies, dont la technique divisionniste, et expose des œuvres comme Cavallo alla mangiatoia et Trittico di Suese (1901-1902), qui témoignent de ces recherches.
Au début des années 1900, il rencontre Vittore Grubicy de Dragon, dont il devient l’élève autant que l’ami. Peintre et graveur disposant de nombreux contacts en Angleterre et en France, Grubicy fonde avec son frère Alberto la galerie du même nom et s’emploie à promouvoir les peintres italiens et le divisionnisme. Sous son influence, Benvenuti adopte pleinement cette technique et s’installe à Milan en 1905. Jusqu’en 1920, il partage son temps entre sa ville natale et la capitale lombarde, où il rencontre de nombreux artistes, parmi lesquels Pellizza da Volpedo et Angelo Morbelli.
En 1907, il envoie sept paysages à l’exposition des peintres divisionnistes italiens[1] organisée par la galerie Grubicy à Paris, qui présentait un important ensemble d’œuvres de Giovanni Segantini, Gaetano Previati et du sculpteur Rembrandt Bugatti. Deux ans plus tard, Benvenuti participe à la section italienne du Salon d’automne[2], aux côtés de ses amis Llewelyn Lloyd et Plinio Nomellini.
Il prend part en 1911 à la Mostra di Arte Libera à Milan, puis en 1914 à la 83ᵉ Exposition de la Società Amatori e Cultori de Rome. Sa rencontre avec le peintre et critique d’art Charles Doudelet le met en relation avec les milieux rosicruciens et théosophiques. Fait prisonnier en Allemagne pendant la Première Guerre mondiale, il revient en 1921 à Livourne, où il fréquente le Café Bardi, lieu de rassemblement d’un grand nombre d’artistes et d’écrivains qui formeront le groupe Labronico, fondé en 1920 dans l’atelier de Gino Romiti. Il expose à la Prima Biennale Romana en 1921 avec Ulvi Liegi et Nomellini. Dans les années 1920, il travaille également comme illustrateur et lithographe pour la presse et l’affiche.
Amputé en 1932 à la suite d’une maladie, il n’est pas mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle il s’installe à Lucca avec d’autres membres du groupe Labronico (1945, Galleria Tallone, Milan ; 1948, Casa Dante, Florence). Dans les années 1940, ses paysages prennent une dimension plus spirituelle et lyrique. Il cesse de peindre dans les années 1950 en raison de sa cécité grandissante.
La technique du divisionnisme permet à cet artiste sensible et lyrique de transcrire sur la toile et le papier un sentiment profond de la nature et de la lumière. Il peint et dessine des paysages rustiques, des maisons dans la campagne, des cyprès dressés vers le ciel, des troupeaux rentrant à la bergerie, des ponts, des bâtiments – rarement des figures humaines. Au moyen de petits traits de crayon qui emplissent la feuille et fragmentent l’espace et, en peinture, par de longues touches de couleurs pures juxtaposées, il cherche à rendre la vibration de la lumière et du son, l’énergie intrinsèque de la nature, la présence du divin en toutes choses.
Le motif du grand soleil dont émane un halo énergétique apparaît à plusieurs reprises dans son œuvre. Ici, c’est le sanctuaire de la Verna, lieu mystique où saint François d’Assise aurait reçu ses stigmates en 1224, que le soleil baigne dans un immense rayonnement. La simplicité de la composition et l’accord particulièrement réussi des couleurs imprègnent cette œuvre d’un grand dynamisme, reflet du mouvement cosmique qui anime le monde, en même temps que d’une profonde sérénité intérieure.
- Catalogue du Salon des peintres divisionnistes italiens organisé par la galerie d’art A. Grubicy de Milan, 1er septembre-15 octobre 1907, Paris, p. 6, n° 32-38.
- Section d’art moderne italien au Salon d’Automne 1909 : Catalogue des ouvrages de peinture, sculpture, dessin, gravure, eaux-fortes, art industriel, exposés au Grand Palais des Champs-Elysées du 1e octobre au 8 novembre 1909, Paris, Puteaux, 1909, n° 49-51.

